Allemagne/États-Unis, le bras de fer de la souveraineté numérique

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Le gouvernement allemand planche de plus en plus sur l'idée d'une souveraineté numérique en réaction à l'espionnage et à l'intrusion des Américains. Un bras de fer entre les deux pays s'est engagé.

 

En effet, parallèlement au projet de Cloud européen engagé avec la France [lire l'article "You scan, we cloud"], un projet de loi jugé extrême par certains est en cours. Ce projet vise à obliger les opérateurs et équipementiers des communications à s’engager contractuellement à ne diffuser aucune donnée sur les citoyens allemands à la  NSA (Agence nationale de la sécurité) ou au renseignement américain.

Autrement dit, les groupes américains du numérique et de l'informatique ou des télécommunications ne pourront plus fournir les secteurs sensibles de l'économie allemande privée ou étataire à moins qu'ils ne fournissent des gages éthiques très stricts.

Ce projet de loi très ambitieux et de nature politique est le résultat d'un bras de fer entre l'Allemagne et les États-Unis, engagé depuis le scandale des révélations d'Eward Snowden sur les pratiques douteuses et illégales de la NSA, notamment envers l'Allemagne, pays "allié". À ces révélations, d'autres scandales se sont ajoutés, comme la découverte d'un espion chez les Allemands qui envoyait des informations à la NSA et des affaires d'écoutes téléphoniques, notamment de la Chancelière Angela Merkel. 

Alors que les Américains montrent les dents, le gouvernement allemand a dégainé le plus vite en décidant de restructurer son système de communications en évinçant le grand opérateur américain de télécommunications Verizon, jusqu'alors unique fournisseur de l’infrastructure réseau pour les communications interministérielles entre Berlin et Bonn et en le remplaçant par Deutsche Telekom.

Toujours à la recherche d'une souveraineté numérique, l'Allemagne veut obliger les entreprises américaines opérant sur son territoire à communiquer leur code source. Le code source des entreprises est un langage de programmation permettant de savoir ce que font leurs logiciels. Si le projet est jugé extrême, c'est parce que les entreprises visées sont infinies, comme le souligne Hartmut Pohl, professeur à l’université de Bonn-Rhein-Sieg: « N’importe quelle zone économique pouvant être attaquée depuis un ordinateur – en gros tout ce qui va de l’énergie aux transports, en passant par l’administration publique et la finance » (Wall Street Journal).

Mais au-delà de la critique légitime du favoritisme de Deutsche Telekom dans cette affaire, des voix s'élèvent en Allemagne pour dénoncer le risque de repli technologique du pays, comme l'entreprise allemande SAP, éditeur de logiciels et systèmes de gestion, pour laquelle les « solutions nationales pour l’informatique en nuage ne sont pas la bonne méthode. Nous devons travailler avec les partenaires internationaux comme les États-Unis et simplifier l’infrastructure de régulation ».

Les entreprises américaines concernées par ce projet de loi devraient prochainement diffuser une lettre ouverte au gouvernement allemand à ce sujet.

(Sources: zdnet.fr, nextinpact.com / Image: jeanpierremaille.wordpress.com)

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