Bild et "le pilori de la honte"

Bild et le pilori de la honte

 
ou la dénonciation publique des commentaires racistes sur Facebook.

 

Bild et le pilori de la honte

Le journal Bild au cœur de la polémique: entre journalisme, éthique et morale.

Bild, l'un des plus importants journaux allemands s'est lancé dans la dénonciation publique des commentaires racistes postés sur les réseaux sociaux.

En effet, on pouvait lire 42 posts racistes et haineux issus de Facebook dans l'édition de mardi; "Devant le mur [pour être fusillé] avec ce tas de merde !", "Il faut les fusiller pour arrêter l’afflux", "Je veux vomir. Sortez de l’Allemagne, animaux !"...

Mais au-delà de cette dénonciation des discours, ce sont les auteurs eux-mêmes qu'a dénoncé Bild

En effet, le journal a franchi un pas en publiant le nom, la photo et l'adresse des auteurs sous le titre: "Le pilori de la honte" avec la mention: "Monsieur le procureur, à vous de jouer !"

Mais si Bild se dit fier de son coup, ce procédé pose des questions éthiques à la profession de journaliste et le conseil de la presse a déjà reçu des plaintes comme l'a tweeté le chef de www.bild.de, Julian Reichelt: "Fierté ! Les premières plaintes contre le pilori de Bild ont été enregistrées auprès du Conseil de la presse."

Dans son édition de mercredi, le journal préfère se targuer des "premières plaintes pénales (...) reçues par la police et les procureurs (...) Bild se confronte aux agitateurs de Facebook !" 

Alors faut-il choisir entre journalisme, éthique et morale ?

Cette affaire met le doigt sur le nœud coulant qui se ressert entre le devoir d'informer et de dénoncer du journalisme et la limite du rôle de procureur que peut endosser un journal.

D'un côté, on reprocherait à un journal de ne pas rapporter des propos racistes exprimés publiquement et de l'autre on reprocherait à ce même journal de rapporter des propos racistes exprimés sur une réseau social.

Cette question va de plus en plus traverser le monde journalistique et va certainement cliver les différents médias, comme le laisse entendre le journal Tagesspiegel dans un article: "la cour de justice de Bild siège de nouveau."

Facebook montré du doigt

Cette affaire pose également la question de la liberté d'expression, de l'incitation à la haine raciale et la jungle des réseaux sociaux, notamment Facebook.

En effet, ces dernières années ont montré que le système d'automodération de Facebook ne permettait pas de garantir la liberté d'expression (des posts de femmes seins nus pour la cause du cancer du sein on été supprimés pour "pornographie") alors que pléthores de commentaires racistes pullulent sur le réseau, malgré des signalements.

Internet, et plus précisémment Facebook, seraient-ils des zones de non-droit ?

Alors que le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière a déclaré que "des contenus ou expressions punissables sont également illégaux et interdits dans les réseaux sociaux", le procureur de Hambourg a ouvert une enquête le 19 octobre.

(Sources: Bild, Tagesspiegel, www.liberation.fr / Image: static.lexpress.fr)

 
 
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