Le Nobel de littérature décerné à Svetlana Alexievitch

Svetlana alexievitch

 

La Biélorusse Svetlana Alexievitch succède au Français Patrick Modiano.

 

Svetlana alexievitchLa Biélorusse Svetlana Alexievitch a reçu hier jeudi 8 octobre le prix Nobel de littérature. L'écrivaine qui a vécu longuement à Berlin reviendra dans la capitale allemande ce week-end pour une conférence de presse.

Mais qui est Svetlana Alexievitch ?

Écrivaine et journaliste russophone biélorusse (anciennement soviétique), née en Ukraine en 1948, Svetlana Alexievitch est une auteure engagée dont les livres transcrivent sa passion du réel. Violence, guerre, mensonge, toutes les tares de l'ex empire soviétique sont l'objets de dénonciations dans ses écrits, dans la lignée de ses prédécesseurs russophones également nobélisés Pasternak (1958), Soljenitsyne (1970) et Brodsky (1987).

Svetlana Alexievicth a grandi dans une petite ville où ses parents, tous deux instituteurs l'avaient inscrite aux Komsomols (Jeunesses communistes). Elle a ensuite fait des études de journalisme en Biélorussie. 

Elle vit en exil à Minsk en raison de ses relations tendues avec le régime autoritaire de Loukachenko qu'elle a plus d'une fois dénoncé.

Son œuvre

Svetlana Alexievitch n'est pas une romancière mais une porteuse de parole qui cherche selon elle à "sculpter une époque". Auteure d'œuvres d'une puissance documentaire appuyée sur des témoignages, dans sa volonté d'une écriture de justesse et de vérité qui refuse la fiction. Elle a ainsi déclaré: "Je vais vers l’homme pour rencontrer son mystère (...) d’âme à âme, parce que tout se passe là".

Elle sera révélée internationalement grâce à La Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’Apocalypse (1999), qui fut traduit en dix-sept langues malgré son interdiction en Biélorussie, interdiction toujours effective à ce jour. Cette œuvre, à nouveau appuyée sur de vrais récits raconte l'inhumaine catastrophe humaine que fut l'accident de Tchernobyl.

Svetlana Alexievitch a écrit six œuvres majistrales: 

Les Cercueils de zinc (1990)
Ensorcelés par la mort (1995)
La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse (1999)
La guerre n’a pas un visage de femme (2004)
Derniers témoins (2005) 
La Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement (2013, prix Medicis)

À l'obtention de son prix, lors d'une conférence de presse à Minsk, Svetlana Alexievitch a déclaré; "C’est une récompense non seulement pour moi, mais aussi pour notre culture, pour notre petit pays qui a toujours vécu comme entre des pressoirs (...) J’aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s’incline, celui du ballet et de la musique (...) Mais je n’aime pas celui de Béria, Staline, Poutine et Choïgou, cette Russie qui en arrive à 86 % à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, à rire des Ukrainiens et à croire qu’on peut tout régler par la force"

(Sources : www.lemonde.fr, next.liberation.fr, Wikipedia / Image: www.magazine-litteraire.com)

 

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