Le viol massif des Allemandes

Als die soldaten kamen

L'Allemagne, les Alliés, les Soviétiques; la dernière bombe de l'Après-Guerre vient d'être larguée et c'est un tabou qui saute: le viol massif des Allemandes.

 

L'historienne allemande Miriam Gebhardt vient de sortir un ouvrage intitulé "Als die Soldaten kamen" (Lorsque les soldats arrivèrent).

Elle y présente les résultats de ses longues et difficiles recherches sur l'ampleur des violences sexuelles commises par les Alliés occidentaux au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Als die soldaten kamen 1En effet, alors que les viols d'Allemandes perpétrés par les troupes soviétiques étaient dénoncés depuis longtemps et ont entretenu la défiance des Allemands envers les Russes, les crimes alliés furent eux, suffisamment refoulés pour ne pas ternir l'uniforme des héros libérateurs.

Selon l'étude de Miriam Gebhardt, en plus des femmes et très jeunes femmes souvent violées en groupe, des hommes et des jeunes garçons furent les victimes de ce qu'on peut appeler des violences sexuelles à grande échelle; "Au moins 860 000 femmes et jeunes filles mais aussi des hommes et de jeunes garçons ont été violés par des soldats alliés (...) à la fin de la guerre et dans la période d'après-guerre. Ça s'est produit partout" écrit-elle.

Si un certain nombre de ces exactions ont été jugées par les armées, la plupart sont restées impunies et tabous. Et des milliers de femmes ont été soit assassinées, ont eu recours à l'avortement, se sont suicidées ou ont dû être internées suite au traumatisme.

L'historienne s'est documentée avec des archives, documents militaires, récits de prêtres, demandes d'avortement...

Selon Miriam Gebhardt, ce sont 860 000 Allemandes qui ont été violées. 590 000 par les troupes soviétiques et 270 000 par les troupes occidentales. Dont 190 000 par des soldats américains, 50 000 par des soldats français et 30 000 par des soldats britanniques.

Mais au-delà des chiffres horrifiants, cette enquête est une vraie catharsis pour des milliers d'Allemands d'aujourd'hui, victimes du tabou sociétal et familial. En effet, l'historienne rapporte que "beaucoup de proches ou de descendants (NDLR: de femmes violées) m'écrivent (...) Ils pensent que quelque chose s'est passé avec leur mère ou leur grand-mère (...) Il y a encore des personnes (...) qui sont soignées ou vivent dans des établissements spécialisés, toujours traumatisées. (...) Je pense que c'est important de mettre leur histoire sur la table et d'en parler."

Précisons que les exactions sexuelles se retrouvent quasi systématiquement en temps de guerre. On en parle beaucoup au sujet des pays d'Afrique par exemple mais le cas massif de l'Allemagne n'avait pas encore été confronté étude à l'appui. Espérons que cet ouvrage permettra à chacun de faire son chemin, un chemin réparateur.

"Als die Soldaten kamen", Miriam Gebhardt, éd. DVA.

(Sources: www.focus.de, www.welt.de / Image: www.dna.fr)

 

 
 
 
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