Objecteur de conscience

Journée internationale des objecteurs de conscience

 

 

Une journée internationale depuis 1961...

 

L'objection de conscience, le choix de dire non

Depuis 1961, le 15 mai est devenu la Journée internationale des objecteurs de conscience

L'objection de conscience est un positionnement personnel de refus d'accomplir certains actes allant à l'encontre d'impératifs religieux, moraux, philosophiques ou éthiques dicté par sa conscience. Ce refus peut aller jusqu'à désobéir aux lois.

À l'origine l'objection de conscience se caractérisait par le refus de participer aux guerres. Les objecteurs se considèrent comme des pacifistes ou des antimilitaristes. Ils refusent la conscription et l'appel au service militaire obligatoire. Les objecteurs refusent quelquefois de s'acquitter de la part des impôts qui contribue à la défense nationale. Quand la législation d'un pays autorise les objecteurs de conscience à effectuer un service alternatif à l'armée, on parle en général de service civil.

Mais l'objection de conscience concerne aujourd'hui plus généralement des questions touchant à la société ou à l'économie.

 

Hommage à Ernst Friedrich, le plus français des objecteurs de conscience allemands

Présenté comme un pacifiste anarchiste, Ernst Friedrich incarne par son parcours l'objecteur de conscience.

Férvent antimilitariste, il appartenait au Syndikalistisch-Anarchistische Jugend Deutschlands (Jeunes Anarchistes-Syndicalistes d'Allemagne) et fera partie du rassemblement anti-guerre du 31 juillet 1921 qui rassembla plus de 100.000 personnes à Berlin.

Mais c'est son livre Krieg dem Kriege (1924), rassemblant des textes en plusieurs langues: Krieg dem Kriege! Guerre à la Guerre! War against War! Oorlog aan den Oorlog!) qui assoit ses idées politiques d'aversion de la guerre. Krieg dem Kriege rassemble des photographies témoigant des horreurs de la guerre et sera parachevé par la création en 1925 à Berlin d'un musée anti-guerre, l'Anti-Kriegs-Museum.

Dans le colimateur des nazis, avant même leur arrivée au pouvoir, Ernst Friedrich est condamné en 1930 à un an de prison en raison de ses activités politiques puis est victime de la répression qui suit l'incendie du Reichstag: il est à nouveau arrêté en 1933 et son Anti-Kriegs-Museum est détruit.

Friedrich profite alors de sa libération pour fuir l'Allemagne. 

C'est en 1940 qu'il se retrouve en France, dans les Cévennes après une nouvelle captivité. Traqué par la Gestapo, il rejoint la Résistance en 1944.

C'est dans la Résistance qu'Ernst Friedrich réalisera ses plus beaux "faits-d'arme", puisqu'il sauvera soixante-dix enfants juifs de la déportation, participera à la libération de Nîmes et d'Alès et sera blessé par deux fois.

Après la guerre, il devient membre de la Section française de l'Internationale ouvrière mais ne parviendra pas à se faire naturaliser Français.

Il réussira tout de même à fonder un projet qui lui était cher; un centre international de jeunesse baptisé l'Ile de la Paix, sur une parcelle de forêt du Val-de-Marne, achetée grâce à la compensation financière reçue en 1954 pour la perte de ses biens et le préjudice physique subi sous le régime nazi.

Ernst Friedrich est mort en France en 1967. Son Anti-Kriegs-Museum sera recréé à Berlin en 1982.

 

Ernst Friedrich

Ernst Friedrich, Antikriegsmuseum, 1927, Berlin.

(Image: labodessavoirs.fr)

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